Charles Baudelaire c. 1862-63; woodburytype of a portrait by Étienne Carjat
Les Chats
Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.
Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres;
L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.
Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin;
Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques,
Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.
— Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal
The Cats
Ardent lovers and austere philosophers
In their greying, twilight years, are equally adoring
Of cats. Gentle yet entitled; inclined to be warm and seated:
They find allies in these imperious creatures.
Friends of logic but ruled by the sensual,
Seekers of silence, explorers of dark.
If Erebus could instruct their pride,
He’d put them to work on the other side.
Instead, they resemble, in repose,
The sphinxes of the ancient world: stretched out in long retirement
Enclosed, like the soundest of dreamers.
Their sleek flanks are charged with magic
And from time to time, their pupils,
Deep black and mysterious, are lit with flecks of gold.
— Georgia Gildea
